Résumé
Les programmes de relevés astronomiques à long terme menés depuis l’espace (Gaia) et depuis le sol (KMTnet) fournissent des données inestimables pour l’étude des petits corps du système solaire. Ces relevés génèrent de vastes ensembles de données d’observation portant sur des centaines de milliers d’objets, ce qui permet une modélisation détaillée de leurs propriétés physiques et dynamiques, ainsi que des analyses statistiques exhaustives. Ces études sont essentielles pour comprendre la formation et l’évolution ultérieure du système solaire.
Ce projet se concentre sur des catégories spécifiques d’objets, notamment les astéroïdes binaires et les astéroïdes en rotation chaotique. La combinaison de données photométriques et astrométriques recueillies sur des périodes pouvant aller jusqu’à dix ans permet d’établir des contraintes fiables sur la forme des astéroïdes, leur état de rotation et leurs paramètres orbitaux. Notre collaboration franco-coréenne bien établie tire parti de la synergie entre les observations spatiales de Gaia et les données terrestres du réseau KMTnet, ainsi que de l’expertise complémentaire en photométrie et en astrométrie. Lancée en 2020, cette collaboration vise désormais à se renforcer grâce à la participation de doctorants et à la mise en place d’un réseau de recherche international plus vaste, regroupant des experts spécialisés dans l’inversion des courbes de lumière. Cet atelier jette également les bases de l’exploitation des futures données du LSST.
Justification scientifique
Les programmes de surveillance astronomique à long terme menés depuis l’espace (Gaia) et depuis le sol (KMTnet) constituent une source précieuse d’informations pour la science des petits corps du système solaire (SSSB). En effet, ils fournissent d’importants ensembles de données d’observation portant sur plusieurs centaines de milliers de corps, ce qui permet de réaliser une modélisation détaillée des paramètres physiques et dynamiques, ainsi qu’une analyse statistique exhaustive. Ces données sont indispensables pour comprendre la formation de notre système solaire et son évolution ultérieure.
L’objectif de notre projet est d’étudier des catégories d’objets très spécifiques, telles que les systèmes binaires (un astéroïde accompagné d’une lune) et les « tumblers » (objets dont l’axe de rotation n’est pas aligné avec l’axe principal). La combinaison, qui nous intéresse tout particulièrement, d’une grande quantité de données photométriques et astrométriques recueillies sur une période pouvant aller jusqu’à 10 ans, permet de modéliser la forme, l’état de rotation et les orbites des astéroïdes, ce qui fournit des paramètres physiques et dynamiques importants. Comme l’ont montré nos analyses préliminaires, notre projet collaboratif franco-coréen tire parti de la synergie entre les observations clairsemées et denses de Gaia (satellite) et de KMTnet (terrestre), ainsi que de la complémentarité de nos expertises respectives en photométrie et en astrométrie, et servira également de base aux futures données du LSST (qui fourniront à nouveau 10 ans d’observations astrométriques et photométriques issues d’un relevé à long terme portant sur un nombre considérable de petits corps célestes).
Les membres de l’équipe participent activement à la mission spatiale européenne Gaia (France) et au réseau coréen KMTnet (Corée), et occupent des postes de chercheurs principaux au sein du LSST/SSSC (en Corée et en France). Cette collaboration, lancée en 2020 et qui a souffert de la pandémie de COVID, a mis en évidence le potentiel de notre ensemble de données et de notre approche analytique ; elle a été présentée lors de l’Assemblée générale de l’UAI (Lee, H-J et al. 2024, contribution à la réunion thématique « FM3 : Observations de suivi des petits corps du système solaire à l’ère des grands programmes de découverte »). De plus, notre précédente collaboration a permis de mieux définir les cibles d’intérêt et de nous préparer à l’arrivée des données de Gaia DR4 et du LSST prévue en 2026. Nous souhaitons renforcer cette collaboration en y associant des doctorants et en préparant la mise en place d’un réseau de recherche. Les deux équipes collaborent également avec des collègues de Pologne et de République tchèque, experts en modélisation physique (rotation, forme, taille) des petits corps à partir de courbes de lumière et de données photométriques clairsemées.
L’équipe française de l’Observatoire de Paris participe à la mission spatiale Gaia de l’ESA depuis 2000, principalement dans le cadre d’observations directes réalisées à l’aide du télescope spatial, visant à étudier les objets du système solaire (OSS), en particulier les astéroïdes et les petits corps célestes. Ils ont directement contribué à la validation et à la publication des données de Gaia. De plus, l’équipe dispose d’une expertise internationale en modélisation dynamique et en calcul d’orbites à partir de données astrométriques. Elle a développé la base de données DynAstVO consacrée aux objets géocroiseurs (NEO), disponible en données ouvertes au Centre de données de l’Observatoire de Paris et sur le serveur d’Europlanet.
L’équipe coréenne de la KASI exploite le réseau coréen de télescopes de microlentille (KMTNet), composé de trois télescopes terrestres d’une ouverture de 1,6 m, tous situés dans l’hémisphère sud (Australie, Afrique du Sud, Amérique du Sud). Il n’existe aucune installation équivalente proposant un tel programme d’observation au sein du PSL ni en Europe. En effet, l’emplacement idéal en termes de longitude et la taille des télescopes, associés à un temps d’observation garanti, assurent des observations à long terme et de haute qualité de nos cibles SSO. L’équipe KASI a mené des études observationnelles sur les petits corps du système solaire, notamment les astéroïdes géocroiseurs (dans le cadre du programme de surveillance de l’espace). Elle dispose d’une expertise en matière d’analyse des courbes de lumière et de modélisation tridimensionnelle de la forme des astéroïdes, ainsi que d’études dynamiques des corps dépourvus d’atmosphère.
Programme préliminaire
Séances
1. Mission Gaia, observations, contenu et publication des données
2. Programme KMTnet et observations d’objets du système solaire
3. Campagnes d’observations photométriques
4. Modélisation des astéroïdes à partir de données photométriques et astrométriques
5. Astéroïdes en rotation libre issus de programmes d’observation à long terme
Dernière modification le 17 juin 2026
