3èmes journées Labos 1point5
Organisateur(s) : Laurent Pagani
Lieu : Jussieu
Résumé
Le changement climatique occupe, depuis plus d’une décennie, une place majeure dans le débat public. La communauté scientifique tient une position particulière dans ce débat en raison de son rôle dans la production et la transmission de connaissances, notamment sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur les écosystèmes et les sociétés. Depuis quelques années, de nombreux appels émanant de la communauté de recherche et des étudiants ont incité cette communauté à se transformer en déployant des efforts pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Suite à l’Accord de Paris de 2015, la limitation d’un réchauffement mondial inférieur à 1,5 ou 2°C demande une réduction drastique des émissions de GES internationales d’ici 2030 - par rapport à 1990.
La recherche scientifique, comme tous les secteurs, est ainsi soumise à un questionnement sur les modalités de la transition à opérer pour réduire son empreinte carbone. Dans ce contexte, le premier objectif du GDR Labos 1point5 est de structurer les activités de recherche sur l’empreinte carbone à l’échelle de la France, pour et avec l’ensemble des personnels de recherche dans toutes les disciplines scientifiques sur une période de 5 ans. Les travaux de recherche réalisés au GDR rassemblent un large spectre de scientifiques au CNRS, à l’INRAE mais aussi dans de nombreux autres instituts de recherche publics (IRD, Inria, Ifremer, Cirad, etc.) ou d’universités. Ils offrent une opportunité unique d’étudier de manière interdisciplinaire l’empreinte carbone de la recherche française ainsi que d’identifier de manière robuste les freins et leviers aux changements de pratiques au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ce colloque permettra de faire le point des travaux du GdR
Justification scientifique
Le premier objectif du GDR Labos 1point5 est de structurer les activités de recherche sur l’empreinte carbone à l’échelle de la France, pour et avec l’ensemble des personnels de recherche dans toutes les disciplines scientifiques sur une période de 5 ans. Le GDR est organisé autour de deux axes structurants portant sur (i) l’analyse de l’empreinte de la recherche en termes d’émission de GES et (ii) la transition par l’accompagnement et la facilitation de la mise en place de trajectoires de réduction à l’échelle des laboratoires de recherche. Quatre équipes, de taille et de nature variables, contribuent à l’heure actuelle à au moins l’un de ces deux axes structurants. C’est, à l’heure actuelle, la seule démarche d’analyse et de réduction des émissions de GES de la recherche à l’échelle d’un pays.
Les travaux de recherche réalisés dans les deux axes structurants du GDR rassemblent un large spectre de scientifiques au CNRS, à l’INRAE mais aussi dans de nombreux autres instituts de recherche publics (IRD, Inria, Ifremer, Cirad, etc.) ou d’universités. Ils offrent une opportunité unique d’étudier de manière interdisciplinaire l’empreinte carbone de la recherche française ainsi que d’identifier de manière robuste les freins et leviers aux changements de pratiques au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche. Par ailleurs le GDR anime un dialogue entre la communauté et les instituts de recherche (notamment l’INRAE, le CNRS et Inria).
Enfin, le GDR Labos 1 point5 participe à l’émergence d’une communauté internationale sur ces questions. Plusieurs liens ont été développés avec des membres du milieu académique en Europe et aux États-Unis. Des échanges ont eu lieu avec University College London (Angleterre), Tufts University (Etats-Unis), Max Planck Institute (Allemagne) et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse). Le GDR cherche à construire et co-animer un réseau international d’initiatives similaires. Ce réseau permettra de transférer idées, bonnes pratiques et résultats.
Programme scientifique préliminaire
Ce colloque est la 3e journée de Labos 1point5. Sur 2 jours, les membres de Labos 1point5 se réunissent pour faire le point sur les travaux en cours, initier de nouveaux projets et orienter les grandes thématiques de recherche du GDR. La précédente édition avait duré une journée mais l’ampleur des travaux actuels du GDR fait que le colloque est prévu sur 2 jours pour cette 3e édition. Ces journées sont des moments très importants car elles réunissent une communauté très vaste et très diverse en disciplines et statuts. Ces moments permettent le renforcement de la communauté mais aussi des partages sur les pratiques des différentes disciplines et de nouvelles rencontres. Il ne faut pas négliger ce dernier aspect dans un contexte réunissant tous les personnels de la recherche qui souhaitent s’intéresser à l’empreinte de la recherche et aux moyens de la réduire. Des questions méthodologiques se posent, ainsi que des questions d’accès aux données dans un contexte de science ouverte mais aussi des questions sociologiques et démocratiques.
Une partie du colloque portera sur l’empreinte carbone avec les développements internationaux autour de l’outil de mesure de l’empreinte des laboratoires développé au sein du GDR appelé GES 1point5. Cet outil a connu une adhésion forte dans l’ESR avec plus de 1 000 laboratoires qui l’utilisent pour calculer leurs émissions. Mais également sur l’ajout des infrastructures de recherche dans le périmètre de GES 1point5. La question de la version campus de l’outil permettant à un établissement de faire son bilan sera également discutée puisqu’il permet aux établissements de ne pas passer par un prestataire externe pour établir leur bilan, obligatoire tous les 3 ans.
La partie Transition parlera des expériences des laboratoires qui tentent de prendre des actions concrètes de réduction, de la difficulté de leur mise en place et du rôle des directions. Un bilan de la plateforme du réseau des laboratoires en transition (plateforme développée par un ingénieur de recherche Inria), lancée en décembre 2023, sera effectué. Une soixantaine d’action de réduction des GES y ont été publiées après 2 mois de mise en place de la plateforme.
La partie Enseignement sera également une partie importante car la formation des personnels de la recherche mais aussi des étudiants et donc de la génération à venir est un sujet majeur des questions sur la prise en compte des enjeux environnementaux. Comme pour les autres sujets, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche met ces questions à l’agenda des établissements et des personnels avec son plan Climat-Biodiversité.
